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Publication en ligne, Colette Camelin, Se « déconfiner » avec « La prochaine fois, le feu » de James Baldwin

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« Se « déconfiner » avec La prochaine fois, le feu de James Baldwin :

Sortir du ghetto et d’abord le comprendre… »

par Colette Camelin

professeur émérite de littérature française à l’université de Poitiers

Vous tenez dans vos mains une pépite.

Et croyez-moi, nous ferions bien de prendre à la lettre ce titre rugueux […]

Nous n’entrons pas ici dans un univers de bons et de méchants, de force et d’impuissance.

Justement. James Baldwin propose d’en sortir.

Christiane Taubira, préface à La prochaine fois, le feu.

En mars dernier, je sortais la nuit pour l’heure réglementaire. Comme j’habite un quartier un peu excentré de Reims (le faubourg de Laon), au bout d’une demiheure, j’arrivais toujours à la voie de chemin de fer, le centre-ville était de l’autre côté. Cela m’a rappelé, à l’inverse, la limite de Midway — un mur invisible entre un quartier interdit et celui où j’habitais. J’étais élève d’échange, en 1964-1965, au lycée des University of Chicago Laboratory Schools, à l’extrémité sud de Hyde Park (le seul quartier « intégré » de la ville à l’époque). La frontière, c’était Midway, une large avenue qu’il était défendu de franchir. Il était cependant facile de la traverser : de l’autre côté j’ai vu un quartier dégradé, Woodlawn, partie nord du South Side — un des quartiers les plus pauvres et les plus dangereux de la ville. Selon Baldwin, ces « rues d’une vie intense, violente et si difficile » tiennent « un million d’êtres humains en captivité ». On y voit des maisons délabrées et beaucoup d’enfants. On s’y sent vite mal à l’aise : je voulais comprendre ce que signifie une telle pauvreté dans le pays le plus riche du monde. Les Laboratory Schools, fondées par John Dewey, nous ouvraient au monde et à la culture de manière active, vivante, créative, mais il y avait aussi quelque chose à apprendre auprès de ceux qui habitent de l’autre côté de cette barrière. Comment la franchir? […]

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