Parutions

Parution, nouvelle traduction de Poe, « Le Chat noir et autres histoires »

PARUTION

Edgar Allan Poe

Le Chat noir et autres histoires

Gallmeister,

collection « Collection « Totem » », 2019.

Nouvelle traduction de Pierre Bondil et Johanne Le Ray

L’entreprise de retraduction intégrale de l’oeuvre fictionnelle d’Edgar Poe se poursuit : parution du deuxième volume de la nouvelle traduction de l’ensemble de ses « histoires », confirmant son statut de pionnier et offrant une vision rénovée de son oeuvre. Ce volume, deuxième d’une publication chronologique qui en comprendra trois, est l’occasion de redécouvrir des textes aujourd’hui canoniques comme Le Scarabée d’or, Les Meurtres dans la rue Morgue, Une descente dans le Maelström, Le Masque de la mort rouge, Le Portrait ovale, mais aussi de révéler toute la palette d’un auteur encore trop souvent cantonné à la figure de l’écrivain fantastique et de l’initiateur du récit policier. Texte accompagné d’un appareil de notes, d’une bibliographie des traductions existantes et d’une postface des traducteurs.

Lien vers le site de l’éditeur: https://www.gallmeister.fr/livres/fiche/339/poe-edgar-allan-le-chat-noir-et-autres-histoires

Commentaire sur le site de la Société des études romantiques et dix-neuviémistes :

https://serd.hypotheses.org/5317)

L’entreprise de retraduction intégrale de l’oeuvre fictionnelle d’Edgar Poe se poursuit : parution du deuxième volume de la nouvelle traduction de l’ensemble de ses “histoires”. Texte accompagné d’un appareil de notes et d’une postface des traducteurs. Ce deuxième volume met en lumière de manière plus éclatante encore que le premier la diversité de la palette de Poe et l’ampleur de ses talents. Il y a, bien sûr, l’écrivain fantastique que l’on connaît, souvent considéré comme ancêtre de la science-fiction, le spécialiste du conte horrifique, le précurseur de la théorie psychanalytique du dédoublement de la conscience, mais aussi l’initiateur du récit policier, le maître du récit d’aventure, l’analyste averti de la presse, grand polémiste et pasticheur féroce… Satiriste hors pair, Poe raille fréquemment les gloires philosophiques de son temps, avec une mention spéciale pour Emerson et les transcendentalistes, dans une dérision de l’esprit de sérieux particulièrement savoureuse. L’humour et l’ironie ne sont pas absents de cette oeuvre à l’écriture pétrie d’intertextualité, au degré parodique évident quoique souvent méconnu. Poe témoigne aussi d’un intérêt aigu et très documenté pour les questions scientifiques et les énigmes géographiques de son temps, ce qu’illustre le magnifique récit marin et métaphysique Une descente dans le Maelström, dans lequel il combine brillamment sources scientifiques (l’article « Maelström » de l’Encyclopedia Britannica) et inspirations plus littéraires. Ce volume est également celui qui voit apparaître, dans Les Meurtres de la rue Morgue et Le Mystère de Marie Rogêt, le tandem formé par le narrateur et le personnage de Dupin, analyste pénétrant et passablement neurasthénique – couple récurrent repris ultérieurement dans La Lettre volée (à paraître dans le volume trois de cette retraduction intégrale), dont Conan Doyle exploitera et fixera la dynamique pour la postérité sous les traits de Sherlock Holmes et du Docteur Watson. C’est encore dans ce volume que figure le fameux Scarabée d’or, récit d’aventure dans lequel un homme doté de facultés intellectuelles peu communes mais sujet à des accès de misanthropie suite à un revers de fortune découvre un trésor pirate, s’entêtant à déchiffrer ce en quoi il veut voir un code, sous les regards suspicieux d’un ami et d’un domestique noir, tous deux prompts à le croire fou. Par sa capacité de vision de ce qui peut se situer au-delà de la réalité sensible, le personnage de Legrand incarne une figure d’« aventurier de la lecture » (Ricardou) promise à une grande descendance. Comment enfin de pas lire Le Portrait ovale, récit concis et efficace mettant en scène les rapports de l’art et de la vie, en songeant au traitement qu’Oscar Wilde réservera cinquante ans plus tard à un argument très proche dans Le Portrait de Dorian Gray ?

Lire l’incipit des Meurtres de la rue Morgue.

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