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Séminaire Contre-cultures : théories et pratiques (II), « le Punk, contre-culture du chaos », Paris, 18 janvier 2018

Séminaire

Contre-cultures : théories et pratiques (II)

(Olivier Penot-Lacassagne)

Collège international de philosophie.

Séance 4 jeudi 18 janvier 2018

de 18h30 à 20h30

Lycée Henri IV

(salle PRD1.01)

23 rue Clovis, 75005 Paris (métro : Odéon ; RER : Luxembourg)

Thème de la séance : « Tu la sens la crève en toi » : le Punk, contre-culture du chaos

Fin des « trente glorieuses », crise du capitalisme, implosion du gauchisme politique, « conformisme libéral et libertaire », épuisement de l’activisme militant… Une génération sans illusions succède à la jeunesse révoltée des années 1960. Génération non pas perdue, mais lucide et désabusée – « blank generation », « notée zéro par la société » (Richard Hell), saisie dans un no future radical.

La contre-culture punk est l’expression de cet effondrement, et sa brutale irruption brise la continuité progressiste – heureuse ou désabusée – des années 1970. Le punk a affaire avec la perte, et non plus avec les gains de l’émancipation. Perte du sens, soudaine désorientation : il exprime et incarne la décomposition qui travaille l’époque, au seuil d’une « révolution conservatrice ».

À rebours des commémorations du cinquantième anniversaire de Mai 68, cette séance analysera donc ce sursaut de l’Histoire où se brise la promesse d’une triomphale marche en avant. Nous montrerons que la contre-culture punk, très largement ignorée, est l’une des expressions les plus radicales de l’impasse dans laquelle nous sommes depuis lors engagés. Plus que le souvenir improbable du « joli mois de Mai », c’est elle qui hante notre présent désorienté.

Mais la contre-culture punk fut aussi un rire sauvage, l’expression d’une vitalité sans doute excessive pour une époque assignant chacun à la gestion d’un capital. Capital matériel, mais aussi « capital psychique, capital libidinal, capital sexuel, capital inconscient » dont on devait « répondre devant soi-même, sous le signe de sa propre libération » (Baudrillard). La contre-culture punk, dispendieuse, négligea ce temps des gestionnaires, des libérateurs et des comptables. À cette économie domestique, elle opposa la fulgurance du refus.

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