Appel à communication

Appel à communication, « Le Don – Poétiques et pratiques », U. de Porto, 3-4 décembre 2020

APPEL À COMMUNICATION

« LE DON

Poétiques et pratiques »

Xe Rendez-vous de la Critique

Porto – FLUP/APEF

3-4 décembre 2020

Les développements de la recherche en littérature interpellent une réflexion (un tournant) éthique de l’écriture et de la critique à la croisée de plusieurs disciplines, laquelle nous permet de mettre en exergue et d’interroger une notion telle que le don dans sa complexité axiologique et dans son extension symbolique.
Il y a donc lieu de s’attarder sur la polysémie du don en tant que poétique et pratique : de Rousseau, soulignant l’importance fondamentale du don dans l’institution du lien social ; de Mallarmé pour qui langage et monde se fondent en une sorte de communion dès lors que le mystère d’écrire est « don/…/ à sa source » (Mallarmé, 2003 : 71), ouvrant le poétique au jeu de la réception, à une approche spécifiquement anthropologique où le don renvoie à « toute prestation de biens ou de services effectuée sans garantie de retour en vue de créer, entretenir ou régénérer le lien social » (Caillé), en passant par une riche et dynamique lecture théologique et biblique, qui pourrait aisément s’inspirer de l’annonce de l’envoi de l’Esprit « Si tu connaissais le don de Dieu (…) » (Bible, Jean, 4: 10).
Si pour Sartre, « Le geste du don nous sépare des hommes [et] n’engendre pas de réciprocité », pour Marcel Mauss, « On devient redevable, loin du simple échange ou de la permutation des choses et des faveurs », une mise en perspective actuelle invite à interroger le don à partir de sa mise en oeuvre et dans les pratiques telles qu’elles sont observables dans les domaines philosophique, théologique, poétique, biomédical, voire humanitaire et politique.
En ce sens, la richesse et la portée d’une telle notion nous pousse à l’interroger dans l’action humanitaire, le volontariat, jusqu’aux appropriations contemporaines dans le champ de la médecine, avec l’importance du don de sang ou d’organes comme nouvelles pratiques solidaires sociales. Bon nombre d’interrogations se posent alors sur le partage éthique du don et de ses contextes.
C’est en tous cas tout un éventail d’angles de rapprochement, (bio)éthique, voire écologique qui se déploie pour nos approches et outils critiques, notamment littéraires. Il mobilise la gratuité (grâce), mais aussi la gratitude, et privilégie le donner au détriment du posséder.

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