Appel à communication

Appel à communication APEF, « Mai 68 dans la littérature et la culture française »

APPEL À COMMUNICATION

Forum APEF

« Mai 68 dans la littérature et la culture française »,

. Lisbonne, 11-12 juin 2018

Le cinquantenaire des événements à portée sociale, politique et culturelle de Mai 68 à Paris se prête moins à la commémoration qu’au dressement d’un bilan mitigé et polémique qui se traduit par un débat transdisciplinaire prospectif autour du legs de la « pensée 68 » (Ferry & Renaut, 1988), que d’aucuns auraient tout simplement aimé liquider (Weber, 1988, 1998, 2008). En effet, la mémoire et les prolongements de Mai 68 demeurent au coeur de la vie politique hexagonale, et ce depuis la fin des années 90, marquant aussi bien un renouveau amorphe de l’activisme que les argumentaires électoraux, comme ceux qui virent l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy en 2007. Ils ont d’ailleurs marqué les récents débats politiques en France, notamment autour de l’intégration et de l’identité nationale.
C’est dire combien l’esprit soixante-huitard reste une évidence incontournable de la pensée et de la civilisation occidentales à confronter avec la génération et la réalité sociale de 2018. D’autant plus que, bien plus qu’un simple « moment » de révolte historique et générationnelle, estudiantine au départ – dans le contexte somme toute confortable des Trente Glorieuses – il fut le producteur de slogans, de mots d’ordre, d’adhésions et traductions diverses, tant révolutionnaires, politiques, littéraires, culturelles que morales et civilisationnelles dont nous sommes les légataires, souvent sans en avoir conscience.
En outre, Mai 68 permet de porter un regard et un recul critiques sur les «études culturelles » en tant que vulgarisation de la psychanalyse, du marxisme et de la linguistique / sémiotique, et terreau de cette révolte contre la littérature, la philologie, la stylistique et le commentaire autoritaire du texte ; son discours à plus d’un titre libertaire les ayant décisivement escortées et relayées, de telle sorte que bien des questionnements moraux, sociétaux, voire politiques actuels suscités par et dans la littérature, se voient inévitablement et quelque part associés aux, ou dissociés des aspirations soixante-huitardes.
Dès lors, bien plus que ressasser les circonstances historiques de 1968, il importe d’en dégager des bilans et des réinventions prospectives telles qu’elles s’expriment en langue française tant sur le plan culturel que littéraire, et en suivre les réalisations et les enjeux.

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