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Journée d’études, « L’art et l’image de l’art », Paris, 24 avril 2017

JOURNÉE D’ÉTUDES

« L’art et l’image de l’art
— Création artistique et virtualisation du réel »

24 avril 2017 10.00-18.00

FONDATION MAISON DES SCIENCES DE L’HOMME
54, Bd Raspail, 75006 Paris

Journée d’étude organisée par le
Centre Universitaire de Norvège à Paris
et l’Institut Ferdinand de Saussure.

Entrée libre

ARGUMENT
La constitution et l’accès à des collections numérisées massives est désormais acquise. Une ambivalence demeure, car la numérisation universelle qu’elle pourrait bien substituer aux oeuvres les banques de données auxquelles les géants de l’internet concèdent un accès customisé. En outre, l’accès par les métadonnées et les sorties logicielles facilitent souvent l’analyse, mais ne peuvent aucunement s’y substituer.
Aussi c’est le statut de l’image et du tableau (au sens traditionnel) qui se trouve mis en question. Cette journée d’étude entend débattre de la visualisation de « l’information » et de la problématique des données massives dans les humanités numériques, pour ce qui intéresse notamment l’analyse des oeuvres.

PROGRAMME
10h-10h45
Arild Utaker, Professeur de philosophie, Université de Bergen
Qu’est-ce qu’une image? A propos du livre de Michel Foucault sur « Ceci n’est pas une pipe » de
Magritte
Résumé. — Tandis que Magritte souligne que la peinture est « l’art de la ressemblance », Foucault associe la ressemblance au problème de la représentation au sens classique. D’où l’argument que le tableau « Ceci n’est pas une pipe » implique la négation de la représentation. Contre Foucault, il s’agit de montrer que le tableau de Magritte pense la représentation autrement. [La communication sera éventuellement faite en anglais].
2
10h45-11h30
Stian Grøgaard, Professeur d’esthétique, Statens kunstakademi, Oslo
Art as document.
Résumé:
Modern art is haunted by the problem of the interminable work, of knowing when it is finished and a work which is closed. The problem of the interminable seems to be endemic to conditions of modern art production. When postwar avantgarde went on to celebrate an open work as opposed to the one idealized only when closed, a work in progress to the finished work, the ephemeral to the permanent, the intermedial to the mediumspecific, this condition of modern art was promoted to a decision and a question of aesthetic choice. From this choice followed an altered status of the artwork itself, including the given relation between primary monument and secondary document, between the closed work and its open remediation.
11h30-12h15
Knut Stene-Johansen, professeur de littérature, Université d’Oslo
Reading a painting of Asger Jorn.
Résumé: Asger Jorn’s painting A midsummer Night’s Dream (En skærsommernatsdrøm) from 1953 is like at theatre stage. It is an invitation to observe and participate in a seemingly never-ending performance. What is actually going on?
14h-14h45
Anje Gjesdal, Chercheuse post-doctorante, HHK, Bergen
L’image dans la mémoire collective. L’exemple du démantèlement de la « Jungle de Calais » considéré dans l’optique de Warburg.
Résumé. — Dans son projet Mnemosyne, Aby Warburg retraçait la mémoire collective et culturelle à travers l’histoire des images, dans une vaste entreprise de documentation. Sur une échelle plus restreinte, des militants et des associations cherchent à produire une mémoire collective autour d’événements comme le démantèlement de la « jungle » à Calais, en utilisant des images, des vidéos et des textes. Dans cette intervention, nous nous interrogeons sur les rapports potentiels entre l’approche de Warburg et ce cas contemporain.
3
14h45-15h30
Pierluigi Basso, Professeur de sémiotique, Université Lyon II-Lumière
Rencontrer une condition iconique. Archiver la densité, reconstruire les approches des images___
Résumé. — L’image est toujours prise entre ses figements textuels et ses dérives imaginatives. Sa déclinaison sensible immédiate convainc le regard de sa maîtrise totale d’une région du visible, mais cette juridiction apparente n’est qu’un leurre qui finit par transformer le soupçon d’une densité iconique résistante en une prolifération factice d’autres pertinences possibles. Les nouveaux médias n’ont fait qu’accentuer cette ambiguïté entre une image-écran disponible au monitorage et une image-écrin susceptible d’ouvrir d’autres trames indiciaires, mais encore insondables.___ Archiver la densité de l’image est alors un paradoxe : cette demande est à la fois inutile, vu que l’image contient des « photographies » pas encore développées du sens, et désespérée, car aucune organisation de métadonnées pourra jamais établir un plan unique de pertinences thématiques, ni la généalogie diagrammatique à laquelle on voudrait la ramener.
15h45-16h30
Lia Kurts-Wöste, MCF en stylistique, Université Michel de Montaigne, Bordeaux
La conception du virtuel dans le monde numérique est-elle en retard d’un siècle sur la conception de la virtualisation dans les Humanités?
Résumé. — On se demandera en quoi la « virtualisation du réel » permise par les oeuvres peut, voire doit, être distinguée de la notion de « réalité virtuelle », et en quoi la matière paradoxale des oeuvres suppose un rapport critique à l’égard des processus de dématérialisation des corpus numériques.
16h30-17h15
François Rastier, Directeur de recherche CNRS, Paris
OEuvres et documents. Lectures de près et de loin.
Résumé. — Les différences entre visualisations, images et oeuvres plastiques semblent parfois s’effacer. Par ailleurs, la promotion des « données massives » favorise les lectures machinales de sorties logicielles peu interprétables ou que l’on renonce à interpréter. Si la numérisation des documents permet des explorations nouvelles, l’articulation entre enquêtes quantitatives et qualitatives appelle plus que jamais un approfondissement épistémologique des sciences de la culture.

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