Appel à communication

Appel à contribution, « Littérature(s) et langue(s) en classe »

APPEL À CONTRIBUTION

« Littérature(s) et langue(s) en classe : quelle circulation entre méthodologies de recherche et pratiques enseignantes ? »

Lors des 19e Rencontres des chercheur·e·s en didactique de la littérature, didacticien·ne·s et enseignant·e·s ont examiné les modalités de circulation des savoirs entre la recherche et les pratiques enseignantes. Souhaitant dépasser le malentendu historique qui fait de la dimension praxéologique de la didactique un avatar de l’applicationnisme (Daunay & Reuter, 2008), nous invitons les acteurs et actrices du champ, qui ont contribué à la réflexion menée lors des 19e Rencontres, à problématiser la complémentarité entre « les savoirs (construits ou convoqués) pour la recherche didactique (qui ne sont pas censés quitter le cadre théorique où ils prennent sens) et les savoirs pour l’enseignement » (Ibid., p. 57), ainsi que le risque d’éloignement entre les chercheur·e·s et les enseignant·e·s.
Des études ont établi que peu de travaux de didacticien·ne·s sont convoqués dans les classes (Garcia-Debanc & Dufays, 2008 ; Chartrand & Lord, 2013), malgré l’association régulière d’enseignant·e·s à des projets de recherche : on cherchera alors à identifier et à analyser ce qui favorise l’établissement d’une circulation, d’une influence croisée entre les travaux de recherche en didactique de la littérature et les pratiques sur le terrain scolaire ou institutionnel (formation initiale ou continue).
La didactique de la littérature est considérée, dans cet appel à publication, comme un champ qui compare, travaille et intègre des réflexions issues du texte saisi dans des contextes linguisticoculturels variés. Ainsi, la réflexion pourra être enrichie par l’ouverture à d’autres traditions de recherche issues d’autres régions linguistiques. Nous accepterons donc des contributions qui traitent de l’enseignement des textes littéraires dans différentes langues (langues premières, langues secondes, étrangères, anciennes et modernes, etc.).
Deux axes sont envisagés, traitant de la question de la circulation au travers de deux entrées spécifiques :
– Dimension épistémologique, histoire et concepts : on se demandera si les concepts, entendus ici comme « des syntagmes fonctionnant comme des moyens théoriquement construits au sein d’une discipline, raisonnablement stables et opératoires » (Daunay, Reuter & Schneuwly 2011, 16), assurent un relai valide des savoirs scientifiques, des savoirs littéraires aux savoirs didactiques en répondant, d’une part, à des impératifs d’explicitation raisonnée d’un
phénomène et, d’autre part, à des besoins réels d’apprentissage ou d’enseignement. Quels concepts favorisent la prise en compte de la pluralité de l’objet littéraire, la prise en compte d’une diversité de textes de formes et de langues différentes ? Dans quelle mesure le rapport au savoir développé tant dans les recherches en didactique de la littérature que dans la classe de littérature permet-il une rencontre des chercheur·e·s et des enseignant·e·s ou une rencontre des enseignant·e·s et des auteur·e·s ? Ce volume accueillera également le questionnement autour de la pluralité des identités : en effet, il n’est pas rare que les chercheur·e·s développent également une pratique enseignante. Ainsi, à côté de la question de la circulation des savoirs entre deux corporations, il s’agirait également de traiter celle des doubles positionnements, sachant qu’incarner un rôle de chercheur·e, ou un rôle d’enseignant·e, et uniquement celui-là, semble constituer une gageure.
– Dimension méthodologique, outils de la recherche et outils d’enseignement et d’apprentissage : on interrogera dans ce volume dans quelle mesure les outils de la recherche ou des pratiques enseignantes permettent de mieux penser le lien entre les besoins respectifs des professionnel·le·s. Quels liens, notamment, effectuer entre méthode de recherche et démarches d’enseignement ? Comment, dans des dispositifs de recherches de type collaboratif, assure-t-on un équilibre entre volonté, liberté et créativité du chercheur et volonté, liberté et créativité de l’enseignant ou du formateur ? Que faire de l’exploitation des données en vue de faire évoluer les pratiques ? Certains outils assurent-ils une meilleure diffusion du savoir issu de la didactique de la littérature ? Quels résultats de recherche utiliser dans la classe et dans la formation ? De quelle manière et à quelle fin ? Quels outils didactiques permettent de travailler la compréhension et l’interprétation d’un texte littéraire ? Le constat au terme des 19e Rencontres fut saillant : la circulation des savoirs se pratique (trop) souvent de la recherche vers les pratiques. Comment rendre ce mouvement réciproque ? A ce titre, on pourra interroger l’un des impensés du colloque, la temporalité, qui parait fortement déterminer notre champ : les enseignant·e·s et les chercheuses et chercheurs sont
conditionnés par des calendriers et des échéances qui ne coïncident pas toujours et qui rendent difficile d’avancer dans une véritable co-construction.

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