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Séminaire « Blaise Cendrars au prisme du vivant », 29 mai 2026

Séminaire « Blaise Cendrars au prisme du vivant »

UMR THALIM

Sorbonne Nouvelle

Vendredi 29 mai 17h-19h

INHA 2, rue Vivienne, Paris 2e

Nature sauvage et « grammaire fauve »
Cendrars avec les vivants

Les vivants prolifèrent dans les textes de Cendrars. L’homme est-il « exclu de la nature » ? Quelles sont les multiples formes de relations avec les vivants non-humains ? La domination (la chasse) ? L’observation naturaliste ? Les attachements ? L’animisme ? Que se passe-t-il quand l’Alfa-Romeo vrombit dans la forêt « vierge » ? Cette forêt est-elle « férale » ? Après la déprise agricole, les oiseaux sont revenus au Moro Azul ?
Complexité du « sauvage », opposé à la civilisation où se construisent tant de créations nouvelles, mais où règne un ordre social contraignant auquel échappent des enfants, des saints, des Noirs, des Indiens, des artistes et des « idiots »… Thoreau les appelle « natural men » dans Walden (1854). Walden est le pseudonyme de Georg Lewin, fondateur de la revue Der Sturm en réaction contre l’ère des machines. Cendrars a participé à cette « tempête » avant la Première guerre mondiale. Après la maîtrise du modernisme, la tempête revient-elle sous une forme nouvelle dans la tétralogie ?
Il présente souvent avec humour les taxonomies de la science positiviste, mais ses descriptions de plantes et d’animaux pourraient peut-être plutôt se rapprocher de la recherche contemporaine des écosystèmes, globale et holistique : « L’écologie observe la danse des espèces dans leur environnement, leurs interactions, leurs équilibres actuels » (Franck Courchamp). Thoreau appelle « grammaire fauve » (Walking) l’écriture des relations qu’entretiennent les vivants avec leur milieu : comment « l’écriture rhapsodique » de Cendrars danse-t-elle avec les vivants ?
Le séminaire est accessible à distance. Il suffit d’écrire à Bastien Mouchet bastien.mouchet.bm@gmail.com vers 17 heures.

Colette Camelin, professeure émérite à l’Université de Poitiers, a publié des livres et des articles consacrés à des oeuvres du début du XXe siècle (Saint-John Perse, Segalen, Cendrars, Péguy, Jaurès, Senghor, Faulkner, Döblin, D. H. Lawrence…) Le séminaire qu’elle a animé à Sciencespo, Humanisme et modernité 1890-1914, l’a amenée à organiser un colloque à Cerisy avec Marie-Paule Berranger : 1913 cent ans après : enchantements et désenchantements (Hermann, 2015). Ses études sur la poésie et sa sensibilité aux vivants l’ont orientée vers l’écopoétique. Elle a publié des articles à ce sujet notamment dans Les Cahiers de la Justice et la Revue Droit et Littérature. Elle a préparé un recueil d’articles, initialement publiés dans les actes de colloques de Cerisy, Écrire avec les vivants (Hermann, « La Traversée », 2022). Elle a organisé avec Bénédicte Meillon et Alain Romestaing le colloque « Que peut la littérature pour les vivants ? » (Cerisy, 2023). Elle a édité avec Raphaël Larrère et Alain Romestaing les actes de ce colloque, ainsi que ceux du « Renouveau du sauvage » qu‘avait dirigé Raphaël Larrère, sous le titre Faire avec le Sauvage, renouer avec les vivants. Entre sciences et littérature (HD éditions, 2025).

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